En bref
- Un IBAN compte au maximum 34 caractères ; en France, 27, et il commence par « FR » (Banque de France).
- La clé se calcule selon la méthode MOD 97-10 de la norme ISO 7064, d’après le registre IBAN de SWIFT.
- Le numéro de compte d’un RIB français peut contenir des lettres : l’exemple officiel du registre en porte une.
- Une clé juste ne protège pas du faux RIB : le compte de l’escroc est un vrai compte, avec une vraie clé.
- Refuser un IBAN parce qu’il est domicilié dans un autre État de l’Union est contraire au règlement SEPA.
Comment se lit un IBAN
L'IBAN (International Bank Account Number) identifie un compte bancaire dans les paiements internationaux et européens. La Banque de France le décrit ainsi : « Il est constitué au maximum de 34 caractères alphanumériques » et, « Si le compte est détenu en France, il possède 27 caractères et commence par « FR » ».
| Partie | Longueur | Dans l’exemple du registre SWIFT |
|---|---|---|
| Code pays | 2 lettres | FR |
| Clé IBAN | 2 chiffres | 14 |
| Code banque | 5 chiffres | 20041 |
| Code guichet | 5 chiffres | 01005 |
| Numéro de compte | 11 caractères, chiffres ou lettres | 0500013M026 |
| Clé RIB | 2 chiffres | 06 |
Les quatre dernières parties forment le RIB français : la Banque de France parle « du code banque, du code guichet, du numéro de compte et de la clé RIB du compte français ». Le registre IBAN de SWIFT, qui tient la structure de chaque pays, décrit le format français comme 5 chiffres, 5 chiffres, 11 caractères alphanumériques et 2 chiffres, pour une longueur totale de 27. L'exemple ci-dessus est celui que le registre publie pour la France : FR14 2004 1010 0505 0001 3M02 606.
Une idée reçue tombe au passage : le numéro de compte n'est pas toujours fait de chiffres. Le format admet des lettres, et l'exemple officiel en contient une (« 3M026 »). Un outil qui refuserait toute lettre dans un RIB français refuserait donc des numéros valides.
Comment se calcule la clé
Le registre IBAN de SWIFT renvoie à une norme : « The check digits are calculated based on the scheme defined in ISO/IEC 7064 (MOD97-10) ». Concrètement, la vérification se fait en trois gestes, que chacun peut refaire sur l'exemple du registre :
- Déplacer les quatre premiers caractères (le code pays et la clé) à la fin : 20041010050500013M02606FR14.
- Convertir chaque lettre en nombre, A valant 10, B valant 11, jusqu’à Z qui vaut 35 : le M devient 22, F devient 15, R devient 27.
- Diviser le très grand nombre obtenu par 97 : si le reste vaut 1, la clé est juste. C’est le cas ici.
Pour calculer une clé plutôt que la vérifier, on fait le même calcul avec une clé provisoire « 00 », puis on retranche le reste de 98. Sur l'exemple du registre, on retrouve bien 14. Le nombre manipulé compte une trentaine de chiffres, trop pour une calculatrice ordinaire : les logiciels, comme l'outil de cette page, le traitent chiffre par chiffre.
Et la clé RIB ?
Le RIB français porte sa propre clé, les deux derniers chiffres. Une formule de calcul circule largement, mais nous n'en avons trouvé aucune publication officielle : l'outil l'affiche donc telle qu'elle figure dans l'IBAN, sans la recalculer. La clé IBAN couvre de toute façon l'ensemble du numéro, RIB compris : une faute de frappe dans le code banque, le guichet ou le compte la fait échouer.
Le contrôle par modulo 97 attrape la plupart des erreurs de saisie courantes, comme un chiffre mal recopié ou deux chiffres inversés. L'outil de cette page vérifie aussi la longueur d'un IBAN français, qui doit compter 27 caractères. Pour les autres pays, il contrôle la clé mais pas la longueur, que nous n'avons relevée que pour la France.
Ce qu’une clé juste ne prouve pas
Une clé correcte dit qu'aucune faute de frappe n'a abîmé le numéro. Elle ne dit pas que le compte est ouvert, ni à qui il appartient. Pour cette seconde question, la réglementation européenne a créé un autre contrôle : depuis le 9 octobre 2025, la « vérification du bénéficiaire » permet, selon service-public.fr, de « vérifier que le nom du bénéficiaire renseigné par le client correspond bien à l'IBAN ». C'est la banque qui l'effectue au moment du virement, pas un calcul de clé.
L'enjeu est concret. La Banque de France rappelle que si un virement échoue à cause d'informations inexactes fournies par le client, « (ex : BIC/IBAN erronés), la banque n'est pas tenue de rembourser les fonds ». Vérifier la clé avant d'enregistrer un IBAN saisi à la main évite les erreurs de frappe ; cela ne remplace pas la vérification de la personne.
La fraude au faux RIB
Le scénario est toujours le même : un fournisseur, un bailleur ou un salarié semble annoncer un changement de coordonnées bancaires. La Banque de France le décrit sans détour : « En réalité, s'il s'agit d'une arnaque, le message d'origine a été intercepté par un escroc. » Cybermalveillance.gouv.fr range dans les escroqueries aux faux ordres de virement le fait d'« usurper l'identité d'un fournisseur pour communiquer de nouvelles coordonnées bancaires (changement de RIB) ».
Le piège tient en une phrase : le compte de l'escroc est un vrai compte, ouvert à son nom, avec un IBAN dont la clé est juste. Un vérificateur de clé le déclarera valide, et il aura raison. Le seul contrôle utile est humain. La Banque de France conseille de faire un « contre appel via le numéro habituel connu de votre interlocuteur », jamais celui qui figure dans le message suspect.
Pour les salaires, la CNIL recommande qu'une demande de changement de RIB soit « faite en présentiel ou provenir obligatoirement d'une adresse interne de l'entreprise ». Un service paie qui applique cette règle ferme la porte à la variante la plus fréquente de la fraude.
Un IBAN étranger ne se refuse pas
Un IBAN qui ne commence pas par FR n'est pas suspect en soi. Le règlement européen SEPA interdit d'exiger qu'un compte soit situé dans un État membre donné. Son article 9 dispose :
Un payeur qui effectue un virement à un bénéficiaire titulaire d’un compte de paiement situé au sein de l’Union ne précise pas l’État membre dans lequel ce compte de paiement doit être situé
Le même article prévoit la règle symétrique pour le bénéficiaire d'un prélèvement. La Banque de France est nette : « Toute discrimination fondée sur la domiciliation bancaire est passible de sanctions », et une victime peut le signaler à la DGCCRF sur signal.conso.gouv.fr. Un IBAN étranger qui apparaît à l'occasion d'un changement de coordonnées peut justifier un contre-appel ; il ne justifie pas un refus de principe.
L'IBAN dans les documents qui circulent
La CNIL range les données bancaires parmi les données « hautement personnelles », aux côtés des données de localisation. La Banque de France rappelle que « Communiquer son RIB n'est pas risqué en soi », à condition de savoir à qui on le transmet. Le risque vient surtout des documents où l'IBAN voyage sans raison : un relevé joint à un dossier, une facture transmise à un conseil, un bulletin de paie versé à une procédure, un dossier de location.
Avant de transmettre un tel document à un tiers ou à une IA, l'IBAN fait partie de ce qui se retire : l'analyse d'un relevé ou d'une facture n'en a jamais besoin. BlinDoc le repère avec le même contrôle modulo 97 que l'outil de cette page, ce qui permet de le caviarder sans IA et sans le confondre avec un montant ou une référence ; un test automatique vérifie que les deux donnent le même verdict. Voir anonymiser un relevé bancaire et anonymiser une fiche de paie. Ce que le moteur trouve, et ce qu'il manque, est publié sur méthode et mesures.
Sources
- Banque de France, « RIB, IBAN, BIC : à quoi servent-ils ? »
- SWIFT, registre IBAN (IBAN Registry, release 99, décembre 2024), copie archivée
- Règlement (UE) n° 260/2012 (SEPA), article 9, EUR-Lex
- Service-public.fr, actualité du 29 septembre 2025 sur la vérification du bénéficiaire d’un virement
- Cybermalveillance.gouv.fr, fiche réflexe « Escroquerie aux faux ordres de virement »
- CNIL, « Fraude au virement de salaire : comment réagir et que faire ? »
- CNIL, définition « Données hautement personnelles »