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ChatGPT et documents confidentiels ce qu’il faut retirer avant de coller.

Mis à jour le · Par Maël Équille, fondateur de BlinDoc

Avant de confier un document confidentiel à ChatGPT, retirez tout ce qui identifie une personne ou révèle un secret : noms, coordonnées, numéros, et les détails qui permettent de recouper. Ce que devient ensuite le texte dépend de l'offre : sur ses services pour particuliers, OpenAI indique pouvoir utiliser vos contenus pour entraîner ses modèles, sauf désactivation ; sur ses offres professionnelles et son API, il ne le fait pas par défaut. Dans tous les cas, le RGPD impose de ne transmettre que le nécessaire, et la CNIL demande d'éviter autant que possible la saisie de données personnelles.

En bref

  • Le réglage ne remplace pas le tri. Désactiver l'entraînement ne change rien au fait qu'un document identifiable sort de votre structure.
  • Le RGPD s'applique à ce que vous collez, quelle que soit l'IA : seules les données nécessaires peuvent partir.
  • Retirez les identifiants directs et les recoupements (fonction rare, date précise, lieu), gardez ce dont l'IA a besoin pour répondre.
  • Relisez avant d'envoyer : un outil automatique réduit le travail, il ne dispense pas de vérifier.

Ce que devient un texte collé dans ChatGPT

La réponse dépend moins de ChatGPT que de l'offre utilisée. OpenAI distingue ses services pour particuliers de ses offres pour les entreprises, et ne leur applique pas la même règle. Pour les premiers, sa politique publiée est la suivante.

When you use our services for individuals such as ChatGPT, Sora, or Operator, we may use your content to train our models.

OpenAI, « How your data is used to improve model performance » (mise à jour du 13 mars 2026)

Autrement dit : sur ChatGPT pour particuliers, vos conversations peuvent servir à entraîner les modèles. Le réglage se désactive dans les paramètres (rubrique Data Controls, option « Improve the model for everyone »). Les conversations temporaires ne servent pas à l'entraînement et sont supprimées des systèmes d'OpenAI après 30 jours, selon sa foire aux questions.

By default, we do not train on any inputs or outputs from our products for business users, including ChatGPT Team, ChatGPT Enterprise, and the API.

OpenAI, « How your data is used to improve model performance » (mise à jour du 13 mars 2026)
OffreEntraînement sur vos contenusConservation indiquée par OpenAI
ChatGPT pour particuliersPossible par défaut, désactivable dans les réglagesConversation temporaire supprimée après 30 jours
ChatGPT Business, Enterprise, EduNon, par défautDurée réglée par l’administrateur ; conversations supprimées retirées sous 30 jours
API OpenAINon, par défautEntrées et sorties conservées jusqu’à 30 jours pour fournir le service et détecter les abus, sauf régime particulier

Ce que le réglage ne règle pas

Qu'OpenAI entraîne ou non ses modèles, le document a quitté votre structure et se trouve chez un tiers, pour une durée qui dépend de l'offre. Pour une information couverte par un secret professionnel, la question n'est pas seulement l'entraînement : c'est la transmission elle-même.

Ce que disent le RGPD et la CNIL

Le RGPD s'applique aux données collées dans une IA comme à n'importe quel envoi. Son article 5 impose que les données soient « adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités pour lesquelles elles sont traitées ». Si la question posée à l'IA porte sur une clause, un calcul ou une chronologie, le nom des personnes n'est pas nécessaire.

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle ne change rien à ce point. Son article 2 précise qu'il « n'a pas d'incidence sur le règlement (UE) 2016/679 » : les données personnelles transmises à une IA restent régies par le RGPD.

Dans ses questions-réponses du 18 juillet 2024 sur l’IA générative, la CNIL formule la consigne à destination des utilisateurs finaux.

Ne jamais partager d’informations confidentielles telles que des données personnelles, des données de l’entreprise ou de l’administration (en particulier lorsqu’elles sont couvertes par un secret comme le secret des affaires ou des obligations de déontologie).

CNIL, « Les questions-réponses de la CNIL sur l’utilisation d’un système d’IA générative » (18 juillet 2024)

La CNIL nuance ensuite selon le mode de déploiement. Quand le système est fourni à distance par un tiers, elle relève que « la maîtrise du système est alors quasi exclusivement dans les mains du fournisseur » et invite à être particulièrement vigilant, « en évitant autant que possible la saisie de données personnelles ». À l'inverse, elle écrit que de telles interdictions « ne seront pas nécessaires dans le cas d’un déploiement sur site (on premise) où aucune réutilisation des données par le fournisseur n’est possible ».

La recommandation dépend donc du fournisseur et de ce qu'il peut faire des données. Ce n'est pas une interdiction générale d'utiliser une IA ; c'est une consigne qui place le tri des données du côté de l'utilisateur.

Que retirer, que garder

Retirer trop rend la réponse de l'IA inutile ; retirer trop peu expose les personnes. La règle pratique tient en une phrase : enlever ce qui désigne quelqu'un, garder ce qui porte le raisonnement.

RetirerRemplacer parGarder
Noms et prénoms, raisons socialesUn repère stable : [NOM_1], [ENTREPRISE_1]Le rôle de chacun : salarié, bailleur, fournisseur
Adresses, e-mails, téléphones[ADRESSE_1], [EMAIL_1], [TEL_1]La juridiction ou la région, si le raisonnement en dépend
IBAN, SIRET, numéro de sécurité sociale[IBAN_1], [SIRET_1], [NSS_1]Les montants, taux et échéances
Date de naissance[DATE_NAISSANCE_1]L’âge ou la tranche d’âge, si la question l’exige
Détails rares qui permettent de recouperUne formulation plus généraleLa chronologie et les faits utiles

Le dernier point est le plus souvent oublié. Un document sans nom peut rester identifiable : « la directrice financière d'une PME de Laval, licenciée le 3 mars » désigne une personne presque aussi sûrement qu'un nom. Ces quasi-identifiants ne se repèrent pas mécaniquement ; ils se trouvent en relisant, avec une question simple : quelqu'un qui connaît le dossier reconnaîtrait-il la personne ?

Remplacer plutôt qu'effacer a un intérêt pratique. L'IA peut suivre qui fait quoi dans le document, puisque [NOM_1] reste [NOM_1] d'un bout à l'autre, et vous pouvez remettre les vrais noms dans la réponse une fois celle-ci sortie de l'outil.

Anonyme ou pseudonymisé ?

Un document dont les noms sont remplacés par des repères reste souvent une donnée pseudonymisée au sens du RGPD, donc une donnée personnelle, dès lors que quelqu'un peut retrouver la personne. Le guide anonymisation ou pseudonymisation détaille la différence.

Quatre façons de s'y prendre

ApprocheAvantagesLimites
Caviarder à la mainAucun outil, aucun intermédiaire supplémentaireLong et faillible : un IBAN oublié en page 4 suffit. Un rectangle noir posé sur un PDF laisse souvent le texte sélectionnable en dessous.
Outil installé sur votre posteLe document ne quitte pas votre machine avant l’envoi à l’IAInstallation, mises à jour, qualité de détection variable selon l’outil
Outil en ligne sans conservationDétection automatique, rien à installerLe document transite par un serveur tiers : vérifiez où, combien de temps, et sous quel contrat
Offre professionnelle du fournisseur d’IAPas d’entraînement par défaut, contrat d’entrepriseLe document part tel quel chez le fournisseur ; le tri reste à faire pour les données non nécessaires

BlinDoc appartient à la troisième catégorie, et il faut le dire clairement : le document est traité sur un serveur, pas sur votre poste. Il n'est pas écrit sur disque, vit en mémoire vive et en est effacé au plus tard une heure après le dépôt ; l'analyse passe par l'API de Mistral AI configurée sans conservation des données. Le détail est sur la page sécurité, et les mesures de détection sur la page méthode et mesures.

Aucune de ces approches ne dispense de relire. Un outil automatique trouve vite ce qui a une forme reconnaissable ; il peut manquer un nom inhabituel ou retirer à tort le nom d'un organisme public. C'est pourquoi, chez BlinDoc, rien n'est exporté sans que vous ayez validé chaque détection.

Avant de coller un document dans une IA

  • La question : de quelles informations l'IA a-t-elle réellement besoin pour répondre ?
  • L'offre : l'entraînement est-il désactivé, et combien de temps les échanges sont-ils conservés ?
  • Le secret : le document est-il couvert par un secret professionnel ou le secret des affaires ? Si oui, rien d'identifiable ne part.
  • Les identifiants directs : noms, coordonnées, numéros et dates de naissance remplacés par des repères.
  • Les recoupements : fonction rare, date précise, lieu ou montant singulier reformulés.
  • Le fichier lui-même : son nom (« contrat_Dupont.pdf ») et ses propriétés peuvent désigner le client.
  • La relecture : une dernière lecture du texte exact qui sera envoyé.

Ce tri prend quelques minutes sur un document court. Sur un dossier de trente pages ou un lot de bulletins, c'est là qu'un outil de détection fait gagner du temps, à condition de garder la validation finale entre vos mains.

Questions

Questions fréquentes

Non. Le réglage empêche la réutilisation de vos conversations pour entraîner les modèles ; il n'empêche pas la transmission. Le document se trouve chez le fournisseur, et le RGPD comme le secret professionnel s'appliquent à cet envoi.

Elles règlent la question de l'entraînement : OpenAI indique ne pas entraîner ses modèles sur les données de ses offres professionnelles et de son API par défaut. Elles ne règlent pas celle de la minimisation : si le nom d'un client n'est pas nécessaire à la réponse, il n'a pas à être transmis.

Si le document ne permet plus d'identifier personne, c'est l'usage prévu. S'il reste des quasi-identifiants, il reste une donnée personnelle et les mêmes questions se posent. Relisez-le sous cet angle avant l'envoi.

Non. Le document est envoyé sur un serveur hébergé en Europe, traité en mémoire vive sans écriture sur disque, et effacé au plus tard une heure après le dépôt. Si votre politique interne interdit toute sortie du poste, un outil installé localement est plus adapté.

PDF, JPG, PNG et WebP, jusqu'à 30 pages et 25 Mo par document, seuls ou par lot de 20. Un document Word se convertit d'abord en PDF. Le livrable est un PDF reconstruit à partir du texte caviardé, ou du Markdown, facile à coller dans une IA.

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