En bref
- Un NIR compte 13 chiffres et une clé de contrôle de 2 chiffres (service-public.fr).
- La clé est le complément à 97 du reste de la division par 97 : elle va donc de 01 à 97.
- Une clé juste prouve que le numéro est cohérent, pas qu’il est attribué : seul le gestionnaire du répertoire le sait.
- Le NIR ne s’utilise que dans les cas qu’autorise un décret en Conseil d’État ; pour la protection sociale, le décret n° 2019-341.
- La CNIL juge ses données « particulièrement sensibles » : un NIR se retire de tout document qui sort de son circuit.
Comment se lit un NIR
Le NIR (numéro d'inscription au répertoire) est attribué à chaque personne inscrite au répertoire national d'identification tenu par l'INSEE, et sert notamment de numéro de sécurité sociale. Selon service-public.fr, il est composé « de 13 chiffres et d'une clé de contrôle de 2 chiffres ». Le décret de 1982 relatif au répertoire, cité par la fiche technique de l'INSEE, en fixe l'ordre :
Ce numéro indique successivement et exclusivement le sexe (1 chiffre), l’année de naissance (2 chiffres), le mois de naissance (2 chiffres), et le lieu de naissance (5 chiffres ou caractères)
| Rang | Contenu | Exemple de l’INSEE |
|---|---|---|
| 1 | Sexe : 1 pour les hommes, 2 pour les femmes | 1 |
| 2 et 3 | Deux derniers chiffres de l’année de naissance | 21 |
| 4 et 5 | Mois de naissance | 12 |
| 6 à 10 | Lieu de naissance : département puis commune | 77 131 |
| 11 à 13 | Numéro d’ordre « non significatif » | 232 |
| 14 et 15 | Clé de contrôle | 50 |
L'exemple est celui que publie l'INSEE dans son Courrier des statistiques : « 1 21 12 77 131 232 - 50 ». Le lieu de naissance connaît trois variantes documentées par la fiche technique de l'INSEE. Pour une personne née dans un département d'outre-mer, « les trois chiffres du département suivi des 2 chiffres de la commune ». Pour une personne née à l'étranger, « le code 99 suivi des trois chiffres désignant le pays ». Pour la Corse, « la numérotation 2A, 2B a pris effet en 1976 » : avant cette date, le département s'écrivait 20.
Service-public.fr signale enfin le cas des personnes nées en Algérie, au Maroc ou en Tunisie avant l'indépendance, dont le NIR porte « 91, 92, 93 ou 94 pour l'Algérie, 95 pour le Maroc, 96 pour la Tunisie ».
Comment se calcule la clé
La règle tient en une phrase dans la fiche technique de l'INSEE :
La clé de contrôle du NIR est un nombre à deux chiffres dont la valeur est le complément à 97 du reste de la division du nombre formé par le NIR par 97.
Sur l'exemple de l'INSEE : le nombre 1 211 277 131 232, divisé par 97, laisse un reste de 47. La clé vaut 97 − 47 = 50, ce qui est bien la clé publiée. Comme le reste va de 0 à 96, la clé va de 01 à 97 : une clé « 00 » ou « 98 » signale à coup sûr une erreur de saisie.
La Corse : 2A et 2B
Un nombre ne peut pas contenir de lettre. L'INSEE remplace la lettre par 0, puis retranche 1 000 000 pour un A et 2 000 000 pour un B. Le résultat est exactement le même que de lire 2A comme 19 et 2B comme 18, la forme la plus simple à appliquer. Sur l'exemple de l'INSEE « 2 78 11 2B 050 002 », les deux méthodes donnent la clé 86.
Ce contrôle détecte une faute de frappe sur un chiffre, ce qui en fait l'usage courant : vérifier un numéro saisi à la main avant de l'enregistrer ou de le déclarer. Il ne dit pas que le numéro appartient à quelqu'un. N'importe quelle suite de 13 chiffres possède une clé ; seul le gestionnaire du répertoire peut dire si le numéro a été attribué.
Les cas particuliers
Le mois de naissance inconnu. Le mois ne vaut pas toujours 01 à 12. L'INSEE indique qu'il « peut aussi prendre d'autres valeurs (de 20 à 99) qui indiquent que le mois de naissance de l'individu n'est pas connu ». Le cahier technique de la DSN, plus restrictif, admet un mois « entre 01 et 12 ou entre 30 et 42 ou entre 50 et 99 ou égal à 20 ». Aucune de ces sources ne donne le sens de chaque plage, et nous n'en inventons pas.
Les numéros provisoires. Une personne qui n'a pas encore de NIR certifié reçoit d'abord un numéro d'attente, le NIA : selon l'INSEE, « un numéro provisoire (numéro identifiant d'attente ou NIA) est d'abord attribué à la personne sur la base d'au moins une pièce justificative ». La DSN connaît aussi un numéro technique temporaire (NTT), propre à la déclaration, qui « ne permet pas l'ouverture des droits ». Enfin, la DSN demande de « ne pas utiliser les numéros provisoires reconnaissables par leur premier caractère égal à 7 ou 8 ».
Un NIR peut changer. On le dit souvent immuable ; l'INSEE énumère pourtant des exceptions, comme un changement de sexe à l'état civil (seul le premier chiffre change) ou la correction d'une erreur. Un fichier qui rapproche des personnes par leur seul NIR doit en tenir compte.
- Les codes de sexe 3 et 4, souvent cités pour des numéros provisoires, n’apparaissent dans aucune des sources officielles consultées.
- Le NTT ne commence pas par 7 ou 8 : la DSN le décrit comme le code sexe (1 ou 2) suivi du SIREN de l’entreprise et d’un identifiant.
- La clé ne se déclare pas avec le NIR dans la DSN : le cahier technique précise que « la clé n’est pas à déclarer dans cette rubrique ».
Qui a le droit d’utiliser un NIR
Le NIR n'est pas un identifiant comme un autre. L'article 30 de la loi Informatique et libertés réserve son traitement aux cas qu'autorise un texte :
Un décret en Conseil d’Etat, pris après avis motivé et publié de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, détermine les catégories de responsables de traitement et les finalités
Ce décret est, pour la protection sociale, le décret n° 2019-341 du 19 avril 2019, dit « décret cadre NIR ». La CNIL le résume ainsi : « Toute utilisation du NIR dans un traitement de données personnelles doit donc être autorisée par un décret en Conseil d'État ». Le décret « recense exhaustivement l'ensemble des utilisations possibles du NIR pour chaque secteur d'activité ». Les employeurs y figurent, notamment « pour le traitement automatisé de la paie et de la gestion du personnel ». Le même article de loi prévoit des exceptions, pour la statistique publique, la recherche et certains téléservices.
Les données contenues dans ce NIR sont particulièrement sensibles car elles permettent d’identifier un individu en révélant de nombreuses informations sur lui.
« Sensibles » s'entend ici au sens courant : le NIR ne figure pas parmi les catégories particulières de l'article 9 du RGPD. Mais il révèle à lui seul le sexe, l'année, le mois et le lieu de naissance, et il relie la personne à toutes les bases qui l'utilisent. C'est pourquoi il ne doit pas circuler hors de l'usage pour lequel il a été collecté.
Le NIR dans les documents qui circulent
Le NIR apparaît là où on ne l'attend pas : sur un bulletin de paie joint à un dossier prud'homal, sur une attestation transmise à un conseil, dans un tableau de suivi RH envoyé à un prestataire. Fait souvent mal connu, l'article R3243-1 du code du travail, qui énumère les mentions du bulletin de paie, ne cite pas le NIR du salarié ; l'usage est pourtant de l'y faire figurer. Ce n'est pas une interdiction, mais une raison de plus de le retirer quand le bulletin sort de l'entreprise.
Avant de transmettre un tel document, à un avocat, à un expert ou à une IA, le NIR fait partie des premières données à retirer. Il n'apporte rien au raisonnement : un litige sur un salaire se plaide sans le numéro de sécurité sociale du salarié. Voir anonymiser une fiche de paie.
Le même contrôle, dans BlinDoc
Le calculateur de cette page applique le même algorithme que BlinDoc pour repérer les numéros de sécurité sociale dans un document. Un NIR n'est retenu que si sa clé est juste : c'est ce qui permet de le caviarder sans IA, sans le confondre avec un numéro de facture ou un montant, et avec un résultat identique à chaque passage. Un test automatique vérifie que les deux donnent le même résultat.
Ce contrôle a une limite, la même que celle du calculateur : un NIR dont la clé a été mal recopiée dans le document ne passe pas le test, et BlinDoc ne le retient alors pas comme NIR. Il reste visible dans l'aperçu, où vous pouvez le sélectionner à la main. Ce que le moteur trouve, et ce qu'il manque, est publié sur méthode et mesures.
Sources
- INSEE, fiche technique « NIR » (structure et clé de contrôle)
- INSEE, Courrier des statistiques n° 8, « Le répertoire national d’identification des personnes physiques »
- INSEE, Courrier des statistiques n° 8, article sur le système national de gestion des identifiants (SNGI)
- Service-public.fr, fiche F33078, numéro de sécurité sociale
- net-entreprises.fr, cahier technique de la DSN 2024.1 (rubriques NIR et NTT)
- CNIL, loi Informatique et libertés consolidée (article 30)
- CNIL, « Tout savoir sur le décret cadre NIR dans le champ de la protection sociale »
- CNIL, « Numéro d’inscription des personnes dans le secteur social : le décret-cadre NIR en questions »
- Décret n° 2019-341 du 19 avril 2019 (« décret cadre NIR »), article 2, Légifrance
- Code du travail, article R3243-1 (mentions du bulletin de paie), Légifrance